Interview avec Ronald Chetwynd-HayesMoi:-Monsieur Chetwynd-Hayes, les amateurs de fantastique s'arrachent vos livres en Angleterre. Comment arrivez-vous à maintenir un rythme de parutions semestrielles?
Ronald Chetwynd-Hayes:- Ca je me le demande! Je n'élabore pas de plan, m'attelle directement à la tâche et déverse mon inspiration en ignorant quelle tournure prendra le dénouement.Autrefois cette technique fonctionnait à merveille. Aujourd'hui il me faut beaucoup réfléchir et déchirer maints feuillets sans parvenir forcément au coup de théâtre qui caractérise "The Holstein Horror" ou "Which one".
M:-Vos créatures imaginaires perturbent-elles votre quotidien?
RCH:-Elles ne m'ont jamais embêté; sans doute parce que la plupart de mes nouvelles sont des clins d'oeil aux lecteurs...je ne peux jamais m'empêcher de considérer l'aspect comique de toute invention fantastique...attitude extrêmement irritante de ma part, j'en conviens.
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M:-Le recueil "Tales of the Shadows" offre une perspective différente de celle de vos oeuvres précédentes: ambiguité et nostalgie dominent. Le temps s'enfuit, la vie est insaisissable et la mort guette, tapie dans l'ombre...
RCH:-La mort se tapit toujours dans l'ombre mais gare à qui l'évoquera à la lumière du jour!
Le temps est un mystère fascinant que je souhaiterais résoudre...à supposer qu'il existe. Imaginez un univers ou n'existeraient ni le temps ni l'espace, ou rien n'existerait...J'ai tenté d'analyser le concept "temps" dans les contes suivants: "Tomorrow's Ghost" (in Tales of Darkness), "Run for the Tunnel" (in Tales from the Shadows), "Time Check" , "Prometheus Chained" et dans presque toutes les nouvelles du recueil Clavering Grange.
M:-la nouvelle "the Man on the Frame" débute comme une parodie des "Hauts de Hurlevent": lande battue par les tempêtes, maison solitaire, propriétaire renfrogné aux yeux enfoncés, voyageur égaré...Est-ce une coïncidence?
RCH:-"The Man on the Frame" traduit les affres de l'écrivain qui ne parvient pas à terminer son histoires, à moins que cela ne symbolise les errances aux tréfonds du cerveau humain.
Les Brontë ont toujours exercé sur moi une grande influence et j'ai été particulièrement marqué par "Les hauts de hurlevent" d'Emily qui fut sans doute l'un des plus grands écrivains mystiques de tous les temps.Cela explique peut_être pourquoi tant de mes histoires se passent dans de vieilles gentilhommières. "Clavering Grange" par exemple est dépeinte au seizième siècle dans mon livre "The King's Ghost" (éditions Thor Books, New York) puis , en quatre épisodes, de 1850 à nos jours dans "Tales from the Other Side". J'ai toujours perçu la mémoire subconsciente de ces vieilles demeures.
M:-Le cadre de vos nouvelles est "so British"!
RCH:-Et même trop selon mes lecteurs américains. Toute ma vie s'est déroulée en Angleterre, on ne se refait pas et lorsque j'ai tenté de créer une toile de fond américaine pour le roman "The Partaker" ce fut un flop.
M:-Croyez-vous au surnaturel?
RCH:-Pas en tant que tel car tout ce que perçoivent nos sens a une explication, même si l'état actuel de la science ne permet pas d'en fournir une. La plupart des gens savent aujourd'hui qu'un "fantôme" est une empreinte laissée dans l'atmosphère par une personne, défunte ou non. Un jour il se pourrait que l'on invente une espèce de télévision qui captera ces ondes mortes et saura les transposer en images sonores et colorées.
.....interview incomplet. Page en chantier......